A l’orée de la fête du travail célébrée le 1er mai, l’Agence tchadienne de presse et d’édition met en lumière les défis de la lutte syndicale au Tchad. Face à la cherté de vie, les responsables syndicaux appellent le gouvernement et les chefs d’entreprises à prendre des décisions qui s’imposent afin de soulager les travailleurs.
Compte tenu du contexte économique difficile, les syndicats sont vent debout de manière régulière pour exiger l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. « Les séries des revendications généralement tournent autour des salaires, et autres avantages. Naturellement, le travailleur, quoiqu’il en soit, va toujours à la retraite. Et plus souvent, ça fait l’objet des discussions entre le gouvernement et les syndicats. Et depuis un certain temps, les difficultés que nous avons sont surtout liées au pouvoir d’achat des citoyens qui est très faible. Les salaires n’arrivent pas à couvrir les besoins de la famille. Le retard du paiement des salaires contribue également au mécontentement des salariés », explique le président de l’Union des syndicats du Tchad (UST), Barka Michel.
Pour lui, la lutte syndicale a pour but de défendre les intérêts matériels et les intérêts moraux des travailleurs que ce soit dans le secteur public ou privé. Le responsable syndical affirme que les travailleurs ne sont pas des va-en-grève, mais ils sont contraints parfois d’y faire parce que la situation est intenable. Barka Michel rappelle que le pacte social triennal (2021-2024) signé entre le gouvernement et les partenaires sociaux n’a pas permis de régler tous les problèmes, mais c’était une avancée majeure en ce qui concerne le social, notamment la régularité des salaires.
« Avec le gouvernement, nous sommes en négociation pour la signature d’un nouveau pacte social. Un conseil tripartite est déjà mis en place. Cette fois-ci, ça ne va pas seulement être les syndicats et le gouvernement, il y a également le patronat inclus », indique-t-il.
Le président de l’UST souligne que, la lutte syndicale n’a pas d’intérêt personnel. « Nous nous battons pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, c’est un combat pour la cause commune. Notre satisfaction, c’est de voir les travailleurs épanouis. Nous mettons la pression sur le gouvernement et les chefs d’entreprises », affirme le président de l’UST.
Le secrétaire général de la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT), Brahim Ben Seïd, explique que les difficultés demeurent énormes tant que les conditions de vie et de travail des travailleurs ne sont pas réunies. « Il y a des revendications qui aboutissent, certaines n’aboutissent pas pour diverses raisons. Depuis longtemps, nous crions, toutefois, il y a des employeurs du privé qui refusent de déclarer leurs employés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Le gouvernement ne respecte jamais ses engagements. Nous avons demandé l’harmonisation des indemnités de tous les fonctionnaires sans suite et le problème d’avancement et reclassement des fonctionnaires demeure, les arriérés de pension des retraités ne sont pas encore totalement versés », regrette-t-il. Cependant, Brahim Ben Seïd déclare que la lutte syndicale est un sacrifice qu’il faut pour une société plus juste et en paix.
Kary Amadou et Naima Ahmed Beïn












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