Le 12 mai de chaque année, le monde célèbre la journée internationale des infirmiers. Il s’agit d’une occasion solennelle de rendre hommage à ces femmes et hommes de blouse blanche qui, par vocation ou par nécessité, s’emploient à redonner le sourire à de nombreux patients à travers le monde. En Afrique, ne pas reconnaître le travail que déploie ce corps de métier dans le bien-être des populations, c’est nier l’existant. Au Tchad, l’infirmier est, particulièrement dans les zones rurales, porteur d’espoir. La seule évocation de sa présence suppose que le traitement va enfin démarrer. Par humanisme, ils s’investissent dans des cas extrêmes à poser des actes qui, en principe, relèvent des compétences du médecin. Malheureusement, cette corporation croupit sous des menaces graves à même de la décrédibiliser dans les communautés. En effet, le chômage aidant, de nombreux jeunes sont orientés ou s’orientent vers les filières infirmières. A la fin des formations que proposent les nombreuses écoles et instituts de santé, certificats réussis ou pas, ils deviennent «docteurs». Devenus par les circonstances praticiens ou conseillers santé, ils n’hésitent pas à contredire les prescriptions des professionnels aguerris et à proposer leur service en lieu et place des structures sanitaires dédiées. Cette journée doit normalement s’imposer comme une occasion d’évaluer le rendement des infirmiers et palier les dérives qui voudraient faire du métier, un fonds de commerce. Parmi ceux considérés comme des brebis galeuses, les comportements peu orthodoxes sont légion, alors qu’ils sont censés porter secours aux nécessiteux. Sans le moindre sou, ils ne sont pas prêts à remuer le petit doigt, ne serait-ce que pour écouter le malade et lui donner du réconfort moral. Tout ce qui compte, pour ceux-là, ce sont les espèces sonnantes et trébuchantes. Ils perçoivent le manque d’argent comme un crime delèse-majesté. En plus nombre d’entre ces agents de santé véreux peinent à réunir les compétences et par leur faute, beaucoup de malades voient leurs souffrances s’aggraver ou passent de vie à trépas.Une profession noble mais qui accueille, ces dernières années, des pratiquants sans vocation ni passion. Car, en réalité, ce qui fait la force d’un professionnel c’est l’amour du métier qu’il exerce. Le perfectionnement continu vient en faire un homme à la hauteur des attentes de ceux qui bénéficient de ses services. Malheureusement , le mal est profond et de jour en jour, les témoignages sont écœurants. Ce qui installe aussi une crise de confiance entre les infirmiers et les patients. Dans ce contexte, même les soins les plus appropriés soient-ils, resteront sans effet. En attendant les recadrages qui s’imposent, que ceux des infirmiers qui font de leur travail une vocation soient encouragés. Mais que ceux qui s’invitent au métier par simple intérêt s’abstiennent de jouer aux acteurs de la mort. Toutefois, que les agents consciencieux soient honorés et récompensés pour leur abnégation et dévouement pour la cause des Hommes.
La Rédaction












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