Parmi les Force de défense et de Sécurité, la Gendarmerie nationale ne cesse de se démarquer tant par ses actions que par son apport dans la préservation de la paix et de la sécurité. Son Directeur Général, le Général de corps d’armée Djido Mahamat Haggar lève le voile sur l’importance de l’institution qu’il dirige.
La Gendarmerie nationale en tant qu’institution est un vaste projet, flexible et qui ne cesse de s’inventer. Les réalisations en gendarmerie sont consécutives aux défis auxquels elle fait face et je n’ai pas la prétention de me féliciter des réalisations déjà observables. Pour revenir à votre question, je voudrais dire que sur le plan opérationnel des efforts ont été faits notamment la posture tactique, le schéma adapté à l’environnement et prenant en compte les mœurs et la stratégie des malfaiteurs. Cette posture a permis d’anticiper sur des phénomènes susceptibles de remettre en cause la sécurité des personnes et des biens. Mais, la meilleure appréciation de nos prestations provient de la couche bénéficiaire qui est la population tchadienne. Sur le plan structurel, des unités sont créés notamment du point de vue de la formation et sécurité. Il s’agit entre autres des Centres d’Instruction de Faya et Amdjarass, une école de conduite, un Centre d’Entrainement spécialisé en Intervention professionelle (IP) et une école de cadres.
Du point de vue sécuritaire, une compagnie de gendarmerie supplémentaire est créée à N’Djamena, deux à Abéché et une autre à Tiné. Une soixantaine de brigade urbaines sont également crées dans les principales agglomérations, notamment N’Djamena, Moundou, Abéché, Doba, Sarh et Bongor. Un troisième Groupement mobile est créé au sein de la Légion de Gendarmerie n°4 Abéché.
Ces structures sont donc l’expression de la stratégie des plus hautes autorités en charge de la sécurité et plusieurs autres sont à l’étude.
Quelles sont les innovations ou les reformes qui ont été introduites du- rant cette période pour moderniser le fonctionnement de la gendarmerie nationale et améliorer l’efficacité de ses interventions ?
Sur le plan tactique, la Gendarmerie nationale travaille sans relâche sur les facteurs qui constituent la menace contre la sécurité. Il s’agit de comprendre les procédés auxquels les détracteurs de la loi opèrent et pouvoir anticiper ou du moins neutraliser l’impact. Des efforts sont aussi déployés en terme d’équipements et moyens de communication pour ainsi faciliter l’action de la Gendarmerie nationale. Des nouvelles techniques d’intervention et d’enquête sont dispensées et se poursuivront à l’ensemble de l’institution. Le schéma tactique est profondément re-structuré mais, pour moi, la meilleure innovation réside dans la mentalité des hommes et femmes qui composent cette institution. Elle doit se traduire par la compréhension du rôle et l’esprit de sacrifice de manière professionnelle bien sûr. Mais aussi et surtout par le respect des droits fondamentaux des- citoyens.
Les investissements réalisés en termes des infrastructures
Les investissements, nous n’en parlerons jamais assez. Ils restent un défi pour l’institution que j’ai l’honneur de diriger il y a une année. La Gendarmerie nationale a acquis il y a peu des équipements de maintien de l’ordre public et des véhicules légers d’intervention qui per- mettront aux hommes de faire face et de manière professionnelle à des situations critiques. En ce qui concerne les infrastructures, des chantiers de construction sont en cours de réalisa- tion ou en étude avec l’aide des partenaires notamment, l’Union européenne (UE) et autres. Des chantiers de construction sont en cours de réalisation et on peut citer par exemple le site de la Gendarmerie prévôtale à Wour constitué d’un complexe administratif et un autre destiné au logement des cadres. Les travaux sont quasiment terminés si ce n’est que quelques détails techniques. Il y a également la construction d’un complexe administratif au sein du Groupement des Ecoles de la Gendarmerie nationale dont les travaux sont réalisés à plus 80 % et se poursuivent. Nous avons aussi le projet de construction de cinq (5) casernes des Légions de Gendarmerie, certaines ont connu le début d’exécution, d’autres sont sur le point. Sur tout autre plan, un site web de la Gendarmerie nationale vient d’être créé. Elle envisage la digitalisation à travers un réseau afin de moderniser l’institution.
Les actions menées pour renforcer les capacités du personnel
Un vaste programme de recyclage et de perfectionnement est en train de se déployer et concernera l’ensemble des personnels de la Gendarmerie nationale. Plusieurs unités ont suivi des stages théoriques ou pratique au Groupement des Ecoles de la Gendarmerie Nationale (GEGN) à Boudouloum. En ce moment précis, ce sont unités des Groupements qui pratiquent des entrainements à tour de rôle. L’école reçoit la deuxième promotion des Officiers de Police Judiciaire (OPJ) en une année. Bien d’autres sessions sont en cours de réalisations.
Les relations entre la gendarmerie nationale et les populations, notamment en matière de prévention en matière de sécurité ?
La Gendarmerie nationale met en expérimentation le concept de maintien de l’ordre axé sur la communauté. C’est-à-dire une gendarmerie de proximité qui sera à l’écoute de sa population avec laquelle elle travaille en parfaite collaboration. Cette initiative consiste à requérir le besoin en sécurité de la population et apporter des réponses crédibles et effi- caces afin de maintenir la sécurité de manière durable. En bref, le concept est basé sur la confiance qui peut s’instau- rer de manière spontanée à travers le comportement et l’attitude des gen- darmes.
Quels sont les principaux défis à relever par la gendarmerie nationale ?
La Gendarmerie nationale fait face à de nouveaux phénomènes criminels qui constituent des défis supplémentaires énormes et complexes. Il s’agit entre autres la délinquance en bande, du crime organisé et surtout les conflits internes et intracommunautaires qui se déroulent généralement dans la zone de sa responsabilité ainsi que le terrorisme. Ces phénomènes nouveaux et complexes tentent de remettre en cause la sécurité des Tchadiens.
La cybercriminalité (l’arnaque, désinformation, intelligence artificielle…) reste un défi majeur. La gendarmerie nationale ne peut se mettre à l’écart de l’évolution de la société qui va de soit avec des phénomènes criminels émergents qui tentent de mettre en difficulté la sécurité des personnes et des biens. Pour faire face et enrayer ou du moins minimiser les vecteurs criminogènes, elle entend entreprendre :
– L’acquisition de matériels et moyens spécifiques de renseignement (drones et
équipements nautiques…) ainsi la quête du professionnalisme à travers la formation initiale et continue.
– La création des structures de lutte contre la cybercriminalité mais aussi et surtout la formation des personnels.












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