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Sécurité

GEMIA: Un pilier de la formation militaire tchadienne tourné vers l’avenir

Le Groupement des Écoles Militaires Interarmées (GEMIA) s’impose comme l’un des principaux centres de formation des Forces de défense et de sécurité (FDS) du Tchad. Depuis sa création, l’institution œuvre au renforcement des compétences des personnels militaires à travers une formation adaptée aux exigences opérationnelles. Dans un entretien accordé à L’Info, le com- mandant du GEMIA, le Général de Division Zakaria Hissein Abdraman Haggar, revient sur l’histoire, les missions et les ambitions de cette institution stratégique.

Créé par le décret n°424 du 15 août 1992, le GEMIA est un établissement public de formation militaire interarmées placé sous l’autorité directe du Chef d’État-Major général des Armées. Doté d’une autonomie administrative et financière, il rassemble plusieurs écoles spécialisées chargées de former les officiers, sous-officiers et personnels techniques des forces armées. Aujourd’hui, le groupement regroupe notamment l’École des Officiers Interarmées (EOIA), l’École des Enfants de Troupe (EET), l’École de Formation des Agents Socio-Sanitaires des Armées (EFASSA), l’École Interarmées de Conduite (EIAC), l’École Militaire d’Études des Langues (EMEL) ainsi que l’École d’Application et de Perfectionnement de l’Infanterie (EAPI).

Selon le Général de Division Zakaria Hissein Abdraman Haggar, chaque école dispose théoriquement d’une capacité d’environ 100 places. Toutefois, les effectifs varient en fonction des besoins opérationnels définis par le commandement militaire. À ce jour, la principale spécialisation proposée concerne l’infanterie à travers l’École d’Application et de Perfectionnement de l’Infanterie. Pour améliorer les conditions d’instruction, plusieurs établissements sont progressivement transférés vers des sites plus adaptés aux exercices tactiques. C’est notamment le cas de l’École Nationale des Sous-Officiers d’Active, dont la délocalisation de Koundoul vers Kalait est en cours.

L’ambition de devenir une académie militaire de référence

La hiérarchie militaire affiche une vision ambitieuse pour le GEMIA. L’objectif est de transformer le groupement en une véritable académie militaire de référence en Afrique, capable de répondre aux nouveaux défis sécuritaires. Cette ambition repose sur le développement de programmes de formation modernisés, intégrant les évolutions technologiques et scientifiques, afin de préparer les futurs cadres militaires aux menaces contemporaines et aux missions de maintien de la paix.

Le Général de Division Zakaria Hissein Abdraman Haggar, rappelle que l’École des Enfants de Troupe du Tchad a été créée à la suite du rapatriement des élèves tchadiens inscrits à l’École Militaire Préparatoire Général Leclerc de Brazzaville, à la suite de la crise politique ayant touché le Congo dans les années 1960.

L’établissement poursuit une double mission : assurer une formation académique de qualité et inculquer les valeurs de discipline, de patriotisme et de cohésion nationale. Les élèves, issus de toutes les régions du pays, y évoluent dans un environnement favorisant le vivre-ensemble et le renforcement de l’unité nationale. Le principal défi reste toutefois le manque d’infrastructures, que la direction espère voir résorbé grâce aux futurs investissements de l’État. Bien que les écoles du GEMIA soient principalement destinées à la formation des militaires tchadiens, l’École des Officiers Interarmées accueille déjà des stagiaires étrangers dans le cadre de la coopération militaire, notamment en provenance du Niger, de la République centrafricaine et du Bénin. Face à une demande croissante d’autres pays africains, l’institution envisage d’élargir prochainement son accueil à de nouvelles nationalités.

Plus de mille officiers formés

Depuis sa création en 1971, l’École des Officiers Interarmées a formé 29 promotions d’officiers directs, tandis que la 30ème promotion poursuit actuellement sa formation. À cela s’ajoutent deux promotions semi-directes, por- tant à 1 196 le nombre total d’officiers formés. L’établissement a également assuré la qualification d’officiers spécialistes ainsi que la formation de plusieurs promotions de réservistes issus notamment de l’École Nationale d’Administration (ENA), de l’École Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP) et de l’École Nationale de Formation Judiciaire (ENFJ).

Au fil des années, le GEMIA a connu plusieurs réformes destinées à renforcer ses capacités de formation. Parmi les principales évolutions figurent la transformation de la Division d’Application des Officiers Inter-armées en École d’Application et de Perfectionnement de l’Infanterie, la création de l’École de Formation des Parachutistes ainsi que le rattachement de plusieurs centres d’instruction militaire. Le groupement dispose aujourd’hui de huit écoles, d’un point focal en droit international humanitaire, d’un Centre de préparation et de mise en condition opérationnelle à Loumia ainsi que de plusieurs centres d’instruction répartis sur l’ensemble du territoire national.

L’un des principaux obstacles rencontrés par le GEMIA concerne l’évolution de son environnement. Implanté à l’origine dans une zone peu habitée, le camp militaire est désormais entouré par une importante urbanisation, limitant les possibilités d’entraînement et de manœuvres tactiques. Pour répondre aux nouveaux besoins de formation, la direction du GEMIA entend poursuivre la modernisation de ses infrastructures et les adapter aux standards internationaux. L’objectif est de renforcer l’attractivité de l’institution et d’accueillir davantage d’élèves étrangers dans le cadre de la coopération militaire régionale. Par cette stratégie de modernisation, le GEMIA ambitionne de consolider son statut de référence nationale et de s’imposer progressivement comme un acteur majeur de la formation militaire en Afrique centrale.

Badoum Oumandé Henri

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