Le diabète est une maladie chronique qui affecte la capacité du corps à réguler le sucre dans le sang. Chez les enfants, deux types de diabète sont principalement observés : le diabète de type 1, souvent diagnostiqué à un jeune âge, et le diabète de type 2, qui est de plus en plus fréquent même chez les plus jeunes, souvent en lien avec des facteurs de mode de vie. Le pédiatre, endocrinologue, et diabétologue Dr Djaury Dadjia, par ailleurs, donne d’ample explications.
Djaury Dadjia explique que chez l’enfant, le diabète de type 1 est de loin le plus fréquent : c’est une maladie auto-immune où le système de défense de l’organisme détruit les cellules du pancréas qui fabriquent l’insuline. Le diabétologue précise que le diabète n’est causé ni par l’alimentation ni par une faute des parents, il résulte d’une prédisposition génétique associée à des facteurs environnementaux encore mal connus. Dr Djaury Dadjia poursuit que le type 2, plus rare chez l’enfant mais en augmentation, est lié à une résistance à l’insuline, favorisée par le surpoids, la sédentarité et les antécédents familiaux.
« Les signes classiques sont les mêmes pour les deux types, mais leur rapidité d’installation diffère. Retenez les “4 signes” : l’enfant urine beaucoup y compris la nuit, parfois reprise d’énurésie, boit beaucoup, maigrit malgré un appétit conservé ou augmenté, et est fatigué », affirme-t-il. Selon lui dans le type 1, ces signes apparaissent en quelques semaines et peuvent évoluer rapidement vers l’acidocétose, vomissements, douleurs abdominales, respiration rapide, troubles de la conscience, une urgence vitale. Il insiste que devant ces signes, une simple glycémie permet le diagnostic : il ne faut jamais attendre.
Un suivi strict
Dr Djaury Dadjia indique que le diabète de type 1 ne se guérit pas à ce jour. L’enfant aura besoin d’insuline à vie. Le pédiatre précise que si la maladie est bien traitée, un enfant bien suivi peut grandir, étudier, faire du sport et mener une vie normale. Pour lui, la recherche avance, immunothérapies, pancréas artificiel, thérapies cellulaires, mais aucun remède, aucune plante, aucune prière ne remplace l’insuline : croire à une guérison miracle expose l’enfant à des complications graves. « Le type 2, lui, peut parfois être mis en rémission par une perte de poids et des changements de mode de vie, surtout s’il est pris tôt » déclare-t-il.
L’endocrinologue conseille aux parents d’accepter la maladie et ne pas chercher un coupable, personne n’est responsable. Il exhorte aux parents d’apprendre les gestes essentiels, injections, autosurveillance glycémique, reconnaissance de l’hypoglycémie et d’impliquer progressivement l’enfant selon son âge, sans tout lui déléguer trop tôt. Il ajoute qu’il faut maintenir une alimentation familiale normale et équilibrée, l’enfant diabétique mange comme les autres, avec des horaires réguliers. Pour le diabétologue, il faut informer l’école et l’entourage, sans stigmatiser l’enfant ni le surprotéger.
Selon Dr Djaury Dadjia, le coût et la disponibilité de l’insuline, des bandelettes et du matériel d’autosurveillance restent le premier défi. Il poursuit qu’à cela s’ajoute la stigmatisation et les idées reçues comme la maladie est “mystique”, contagieuse ou honteuse. « Les difficultés à l’école telles que les injections, hypoglycémies, les absences font partie des défis.
Interrogé sur la prise en charge, Dr Djaury Dadjia affirme que le service de pédiatrie du CHU de la Mère et de l’Enfant à N’Djaména est le centre national de référence pour la prise en charge du diabète de l’enfant. Il soutient que l’Association de lutte contre le diabète et les maladies associées (ALD), dont il est le président, accompagne les familles, mène des campagnes de dépistage communautaire et des actions d’éducation à travers le pays. « Des programmes internationaux permettent en outre l’accès gratuit ou subventionné à l’insuline et au matériel pour de nombreux enfants suivis. La prise en charge par l’État reste partielle, c’est l’un de nos plaidoyers : inscrire l’insuline pédiatrique et les consommables parmi les priorités de la couverture santé, car aucune famille ne devrait choisir entre nourrir ses enfants et acheter l’insuline », conclut-il.
Naïma Ahmed Beïn












Ajouter un commentaire