Une trentaine d’acteurs de la santé animale et des secteurs associés sont réunis du 8 au 11 septembre 2026 à N’Djamena pour participer à la formation sur les bonnes pratiques de gestion des situations d’urgence (GEMP). Cette session vise à améliorer la prévention, la préparation et la réponse du Tchad face aux urgences sanitaires, dans le cadre de l’approche « Une seule santé ».
La directrice générale des Services vétérinaires, Dr Singambaye Ghislaine Mbeurnodji, a rappelé que cette formation intervient dans un contexte marqué par « la persistance et la recrudescence des maladies animales transfrontalières et des zoonoses ». Pour elle, le renforcement des compétences des services vétérinaires constitue un enjeu majeur pour anticiper et gérer efficacement les crises sanitaires.
Mieux se préparer pour mieux répondre
Le représentant adjoint de la FAO au Tchad, Mark Mankousou, a souligné que les menaces sanitaires « dépassent les secteurs et les frontières ». Elles nécessitent, selon lui, une coopération étroite entre les différents acteurs. Il indique que la formation réunit 34 agents des services centraux et déconcentrés qui, pour lui sont appelés à renforcer leurs connaissances en matière de planification, de coordination, de partage de l’information et d’intervention en situation d’urgence.Pour la FAO, l’enjeu dépasse les quatre jours de formation. Il s’agit surtout de faire en sorte que les connaissances acquises soient utilisées sur le terrain. Le représentant de la FAO a ainsi invité les participants à « partager leurs expériences, à rapprocher leurs pratiques et à établir des relations de travail durables ».
Le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Atteïb, a rappelé que le Tchad est « un pays à forte vocation agro-sylvo-pastorale ». Avec un cheptel national estimé à plus de 156 millions de têtes, hors volaille, le pays reste particulièrement exposé aux maladies animales transfrontalières. La mobilité des troupeaux, le pastoralisme et les échanges avec les pays voisins peuvent favoriser la circulation des maladies. Une crise sanitaire animale peut ainsi rapidement affecter les éleveurs et les communautés qui dépendent de l’élevage. « Une urgence sanitaire ne prévient pas et une réponse efficace dépend avant tout de notre niveau de préparation », a déclaré le ministre. Selon lui, il est important de renforcer la prévention, la détection précoce, l’alerte, la coordination et la rapidité de la réponse.
L’approche « Une seule santé » au centre des travaux
Au-delà de la santé animale, les participants sont appelés à travailler selon le principe d’« Une seule santé », qui considère les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Pour le ministre, une maladie qui apparaît chez l’animal « peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine, sur l’environnement et sur l’économie ». Selon lui, cette réalité impose une collaboration entre les services vétérinaires, la santé humaine, l’environnement, les laboratoires, les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité et les autres acteurs concernés. La formation doit donc permettre de rapprocher les pratiques et de clarifier les responsabilités de chaque acteur en cas de crise.
À l’issue de cette session, l’ambition est donc de disposer d’acteurs mieux préparés, capables d’agir rapidement et de manière coordonnée lorsqu’une urgence sanitaire survient. Car derrière une maladie animale, il y a souvent des familles, des éleveurs, des revenus et toute une économie locale à protéger.
Zara Sakawa Abba-meï












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