Récompenser l’excellence est une chose, donner aux talents de la jeunesse les moyens de transformer le Tchad en est une autre. En faisant passer de six à 12, le nombre de catégories du Prix d’Excellence Nationale de la Jeunesse (PENJ), les pouvoirs publics donnent un signal encourageant. Mais cette ambition ne prendra tout son sens que si la distinction ouvre véritablement la voie à un accompagnement durable. Célébrée le samedi 3 octobre 2026, la deuxième édition du Prix d’Excellence Nationale de la Jeunesse marque une nouvelle étape dans la reconnaissance des compétences et des initiatives des jeunes Tchadiens. Institué par le décret n°0075/PR/2025, le PENJ avait récompensé six jeunes lors de sa première édition. Un an plus tard, le nombre de catégories a doublé. Ce choix n’est pas anodin. Il traduit la volonté d’élargir la notion d’excellence à des domaines qui dépassent largement les performances académiques. Éducation, innovation, numérique, arts, recherche, sport, engage- ment citoyen et autres, autant de secteurs dans lesquels la jeunesse tchadienne peut démontrer son talent, sa créativité et sa capacité à contribuer au développement national. Le message est clair. La réussite des jeunes ne se résume pas aux diplômes. Elle se mesure aussi à la capacité d’innover, de créer, de servir la communauté et de proposer des réponses concrètes aux défis du pays.
Les 12 lauréats de l’édition 2026 ont reçu chacun une enveloppe de 10 millions de francs CFA. A cette dotation, s’ajoute un trophée dont la valeur annoncée est estimée à 5 millions de francs CFA. 17 autres participants ont également bénéficié d’une bourse d’études complète offerte par le Centre national des œuvres universitaires. Ces récompenses sont loin d’être symboliques. Elles constituent un encouragement réel à l’effort, à la créativité et à l’engagement. Elles peuvent aussi créer un effet d’entraînement : montrer qu’au Tchad, le talent peut être reconnu et que l’excellence peut ouvrir des portes.
Après les projecteurs et les applaudissements, doit donc commencer le véritable travail. Les lauréats auront besoin d’un accompagnement technique, d’un accès facilité au financement, de formations continues, de réseaux professionnels, et surtout, de possibilités concrètes pour mettre en œuvre leurs projets. Sans cet environnement, le risque est de voir l’excellence récompensée rester une réussite individuelle, sans véritable impact sur l’économie et dans la société.
Le PENJ ne devrait pas être la ligne d’arrivée. Il doit être le point de départ. L’enjeu est d’autant plus important que la jeunesse occupe une place centrale dans l’avenir du Tchad. Dans un pays où les jeunes constituent une part importante de la population, leur capacité à entreprendre, innover, créer des emplois et participer à la vie de la nation sera déterminante. Le Prix peut ainsi devenir bien plus qu’un rendez-vous annuel. Il peut servir de plateforme pour identifier les talents, les connecter entre eux, faciliter leur accès aux opportunités et faire émerger une nouvelle génération de compétences capables de porter des projets utiles au pays.
L’enjeu, désormais, est de ne pas laisser ce potentiel s’épuiser faute d’accompagnement. Saisir l’occasion, c’est donc transformer la récompense en opportunité, l’opportunité en projet et le projet en impact.
La Rédaction








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