Le ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, Dr Mahamat Ahmad Alhabo, a signé, le vendredi 10 juillet 2026, une circulaire adressée aux responsables du système éducatif ordonnant le retrait des enseignants fonctionnaires de l’État exerçant dans les établissements privés.
À travers cette décision, le ministre d’État demande aux recteurs, délégués provinciaux, inspecteurs départementaux et autres responsables de prendre toutes les dispositions nécessaires pour identifier ces enseignants, les retirer des établissements privés et les redéployer, en priorité, dans les écoles publiques en fonction des besoins. Cette opération devra être menée dans un délai de quinze (15) jours.
Cette mesure marque une rupture avec des pratiques qui ont longtemps fragilisé l’école publique. Comment comprendre que l’État, confronté à un déficit criant d’enseignants dans ses propres établissements, tolère que des fonctionnaires assurent leurs services dans le privé ? Une telle situation ne pouvait perdurer. Lors de sa prise de fonction, Dr Mahamat Ahmad Alhabo avait déclaré : « L’école tchadienne est malade. » Cette phrase, forte et sans détour, résume à elle seule l’ampleur des difficultés auxquelles est confronté le système éducatif national.
Conscient de cette réalité, le ministre n’est pas arrivé avec une baguette magique capable de résoudre instantanément tous les problèmes. En revanche, il a choisi d’agir avec méthode, en éducateur et en réformateur, pour remettre progressivement de l’ordre dans un secteur profondément fragilisé. Ses premières décisions témoignent de cette volonté. Il a d’abord ordonné le déguerpissement des occupants illégaux des établissements scolaires qui utilisaient les infrastructures publiques à des fins lucratives ou personnelles. Il a également suspendu plusieurs responsables administratifs pour des manquements. Sa deuxième grande décision est le retrait des enseignants fonctionnaires affectés dans les établissements privés. D’autres réformes sont attendues.
Toutefois, cet effort ne produira ses effets que si un contrôle rigoureux est exercé sur la gestion des établissements publics. Le ministre devra être particulièrement vigilant à l’égard de certains proviseurs et directeurs de collèges qui ferment les yeux, voire se rendent complices, de l’absence répétée de certains enseignants partis exercer dans le privé. Dans plusieurs établissements, les effectifs affichés sur les documents administratifs ne correspondent pas à la réalité du terrain.
C’est précisément cette accumulation de dysfonctionnements qui explique pourquoi l’école tchadienne demeure en difficulté et peine à obtenir de meilleurs résultats, notamment aux examens nationaux. Le redressement de notre système éducatif exige des décisions courageuses, une gouvernance rigoureuse et une application impartiale des règles.
La circulaire du 10 juillet 2026 constitue, à cet égard, un signal fort. Elle traduit une volonté de restaurer l’autorité de l’État, de redonner à l’école publique les moyens de remplir sa mission et de mettre un terme à des pratiques qui ont trop longtemps affaibli l’enseignement. Il est temps que la kermesse du désordre prenne fin.
La Rédaction












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