Le chômage bat son plein au Tchad. Des milliers de jeunes diplômés et lauréats de grandes écoles peinent à trouver un emploi décent. La Fonction publique, en tant que plus grand employeur, n’arrive plus à leur ouvrir ses portes. Ainsi, ces sans-emploi se trouvent sans gagne-pain et deviennent des dangers et des cas sociaux pour la société. Parmi les causes, l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi. À l’heure où le monde connaît des transformations rapides, le choix d’une filière d’étude n’est plus une simple décision individuelle passagère. Il est devenu une question déterminante, étroitement liée à l’avenir des individus et à la stabilité des sociétés. Pourtant, la réalité du système éducatif dans le pays révèle un écart manifeste entre les résultats de l’enseignement et les exigences du marché du travail. Des milliers de diplômés se retrouvent ainsi, après des années d’études, face à une réalité brutale : des diplômes sans débouchés et des connaissances théoriques qui peinent à trouver une application concrète.
Ce paradoxe soulève des interrogations légitimes quant à la pertinence des politiques éducatives actuelles et à leur capacité à suivre les mutations économiques et sociales. Alors que les universités regorgent de filières théoriques, le marché souffre d’un manque criant de compétences techniques et professionnelles, véritables piliers du développement moderne. Il est désormais évident que les économies performantes se construisent autant sur des savoir-faire pratiques que sur des connaissances académiques. S’orienter vers des métiers professionnels tels que l’électricité, le froid et la climatisation, la menuiserie, la mécanique ou encore la soudure, n’est plus un choix secondaire ni une voie de repli. C’est devenu une nécessité stratégique imposée par les exigences actuelles. Ces métiers n’offrent pas seulement des opportunités d’emploi directes, ils ouvrent également de larges perspectives d’entrepreneuriat, permettant aux jeunes de créer leurs propres activités, loin de l’attente d’un emploi public qui ne peut plus absorber le nombre croissant de diplômés.
Dès lors, l’importance de repenser la philosophie de l’éducation s’impose, en s’orientant vers l’enseignement technique et professionnel, en le reliant aux besoins du marché et en encourageant une culture du travail indépendant et de la production. Cela implique également l’établissement d’un véritable partenariat entre l’État et le secteur privé afin de développer des programmes de formation pratiques et de créer un environnement favorable aux initiatives des jeunes.
Investir dans l’enseignement appliqué n’est pas simplement une réforme, c’est un pari sur l’avenir du pays tout entier. Plus nous parviendrons à orienter les énergies des jeunes vers des compétences productives, plus nous poserons les bases d’une économie équilibrée et durable. Il est temps que le diplôme cesse d’être un simple document accroché au mur pour devenir un véritable outil de construction de la vie et porteur d’espoir.
Par ailleurs, l’orientation vers les filières appliquées ne produit pas uniquement des effets économiques, elle a également des répercussions sociales et sécuritaires importantes. Lorsque les jeunes disposent de réelles opportunités de travail et de production, les sentiments de frustration diminuent, réduisant ainsi les risques de déviance ou d’engagement dans des activités menaçant la sécurité de la société, qu’il s’agisse de criminalité, d’adhésion à des groupes armés ou de participation à des mouvements de contestation non encadrés. Offrir des parcours professionnels clairs permet de canaliser les énergies de la jeunesse vers la construction plutôt que la destruction, et renforce le sentiment d’appartenance nationale.
Dès lors, le moment n’est-il pas venu de réorganiser les priorités du système éducatif afin de promouvoir non seulement le développement économique, mais aussi la paix sociale et la stabilité nationale ?
La Rédaction











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