Depuis quelque temps, les grognes sociales s’expriment à travers des grèves. Si celles-ci ont pour particularité de perturber, voire de paralyser le fonctionnement des activités, elles finissent généralement par trouver un dénouement favorable grâce au dialogue social.
Dans les États de droit, le dialogue social s’impose en effet comme l’instrument le plus efficace, sinon le plus pertinent, pour rapprocher les points de vue et résoudre les conflits sociaux, quel qu’en soit le degré. Il instaure un climat de confiance entre les acteurs, sans pression, et favorise une paix sociale où il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Seul, prime l’intérêt supérieur de l’institution ou de la structure qui les rassemble, les divergences étant appelées à s’aplanir dans un esprit de responsabilité partagée.
Mais, que constate-t-on ? Dans bien des cas, les acteurs se perçoivent comme des adversaires et adoptent des positions rigides, refusant toute concession. Or, en matière de dialogue social, il ne saurait être question de confrontation, mais de partenariat. Les parties prenantes doivent avoir pour unique ambition de parvenir à une solution acceptable par tous.
Malheureusement, la grève tend à devenir un moyen systématique de pression, parfois au détriment même du dialogue. Elle devrait pourtant demeurer l’ultime recours. Lorsqu’elle freine l’évolution globale de la société, elle doit être anticipée et encadrée avec responsabilité. Dans les secteurs vitaux notamment, tout débrayage, quelle qu’en soit la forme, a des répercussions directes sur les usagers. Au-delà du ralentissement ou de l’arrêt des activités, la banalisation de la grève risque d’ancrer, chez la jeune génération, une perception conflictuelle des rapports sociaux. Or, celle-ci mérite davantage d’exemples de conflits résolus par la concertation que par l’épreuve de force.
Pour éviter d’en arriver à de telles extrémités, il convient de faire preuve de sens de responsabilité, d’esprit de concession, de sagesse et surtout de patriotisme, afin de privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Dans cette perspective, les mécanismes d’anticipation, de négociation et de concertation devraient pleinement s’exercer au sein du Comité national de dialogue social (CNDS), dont la composition tripartite constitue un cadre approprié, dans le strict respect des procédures établies.
Il est, en effet, difficile de contenir les émotions lorsqu’elles s’expriment en dehors des cadres institutionnels prévus à cet effet. Dans ces circonstances, les paroles traduisent davantage la colère que la responsabilité. Il est temps que chacun, à son niveau de responsabilité, s’engage résolument en faveur d’un dialogue social effectif où les conflits s’anticipent et se résolvent sans arrêt de travail ni rapport de force, pour le bien des parties et celui de la République.
Enfin, que les attitudes des uns et des autres ne reflètent pas des états d’âme passagers, mais contribuent, avec constance et discernement, à faire avancer le pays.
La Rédaction











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