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Editorial

Editorial : Les journalistes comme acteurs de paix

La célébration de la journée mondiale de la Liberté de la presse est placée, le 3 mai 2026, sous le thème : « Façonner un avenir en paix ». Un thème porteur d’espoir et qui interpelle dans le contexte actuel, que ce soit en Afrique en général ou au Tchad en particulier. Le métier de journaliste est plus que jamais confronté à un grand défi, celui de traiter l’information dans un écosystème marqué par les conflits et la désinformation. Ne faisant pas exception, le Tchad connait également des conflits intercommunautaires, extrapolés sur les plateformes virtuelles avec l’aide de l’intelligence artificielle générative. De cette pratique découlent des conséquences immédiates. Une dégradation de la situation sociale, entrainant parfois des morts d’hommes et une méfiance accrue entre les communautés.

Devant ce défi, pratiquer un journalisme responsable représente un bouclier en période de conflit et une opportunité pour la paix durable. La rigueur journalistique appliquée à l’éthique et à la déontologie est une arme efficace contre les rumeurs, qui contribuent souvent à semer le doute voire à nuire. Cependant, pour adopter cette démarche professionnelle, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Parmi ceux-ci, il y a la formation continue des hommes des médias et l’accès aux sources fiables d’information. Il est nécessaire de s’attarder sur le dernier facteur qui peut avoir une corrélation avec le premier, car toute source d’information n’est forcément pas fiable. Il arrive que dans le milieu de la presse, certains médias se fient aux rumeurs répandues par les réseaux sociaux au point de les relayer sans vérification ni recoupement. Ces pratiques, au lieu d’éclairer le public, le laisse au contraire dans la confusion contribuant ainsi à renforcer le sentiment d’insécurité.

L’absence d’information est une information, a-t-on coutume de dire, mais en inventer est dangereux. C’est pourquoi, pour permettre aux journalistes d’être professionnels, il faudrait également améliorer l’accès aux sources officielles de l’information. Par souci d’équilibre, se contenter d’une source paraît peu fiable. La volonté des plus hautes autorités d’améliorer l’écosystème médiatique en renforçant la liberté de la presse, doit être accompagnée d’un accès libre à l’information, pour avoir des résultats escomptés.

Faire des journalistes des acteurs de la paix requiert un mouvement d’ensemble. Car, ils collectent les informations auprès des sources dignes de foi, les traitent en faisant preuve de rigueur professionnelle. Quand les deux étapes sont respectées, la diffusion peut contribuer à apaiser. Les organisations faîtières des journalistes, notamment l’Union des journalistes du Tchad, la Maison de la presse, l’Union des radios privées du Tchad, etc. sont appelées à faire des plaidoyers permanents pour des formations en lien avec le journalisme sensible aux conflits. Comprendre les enjeux des conflits avant de les traiter est un avantage. Les plûmes doivent servir à construire un Tchad, apaisé et sûr et non l’inverse.

La Rédaction

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ATPE

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