Le 15 juin 2026, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, a répondu à une question orale avec débats devant les sénatrices et sénateurs. La question était relative aux difficultés auxquelles fait face la diplomatie tchadienne. A cette occasion, le chef de la diplomatie tchadienne a éclairé la Chambre haute sur plusieurs sujets et questions relevant de son département ministériel.Ceux-ci sont relatifs, entre autres, au rayonnement international du pays, à la protection des Tchadiens vivant à l’extérieur, la modernisation de l’appareil diplomatique, et, surtout, le rôle et l’importance de la diaspora. Et à propos du dernier point, une annonce phare a été faite : un forum de la diaspora tchadienne sera très bientôt organisé à N’Djaména.
Il est de bon ton de souligner qu’aucun pays au monde ne peut véritablement se développer sans l’apport de ses filles et fils partis à la recherche du savoir et du travail hors de leurs frontières. Que ce soit les pays les moins avancés ou ceux dits développés, tous ont besoin des compétences et du savoir-faire de leurs ressortissants vivant à l’étranger. Et le Tchad ne peut et ne doit pas faire exception, surtout que les « cerveaux » n’ysont pas légion. Mais au pays de Toumaï, le sujet concernant l’apport de la diaspora revient comme un serpent de mer. En effet, il y a une dizaine d’années, le défunt président de la République, le Maréchal du Tchad Idriss Déby Itno, en avaitfait son leitmotiv. Son engagement et sa force de persuasion a convaincu nombre de ses compatriotes ayant accumulé un bagage intellectuel conséquent dans des domaines variés de rentrer dans leur pays. C’est ainsi que des hommes et des femmes issus de la médecine, de la culture, des médias, dessports – et la liste n’est pas exhaustive – sont revenus dans leur mère-patrie apporter leur pierre à la construction nationale. Au finish, l’on a pu dire, en observant de l’extérieur, que cette démarche allait porter ses fruits de façon durable. Hélas, cela n’a pas été le cas !
Pourquoi se voiler la face et ne pas nommer le chat par son nom ? La montagne a lamentablement accouché d’une souris. Parmi les Tchadiens aimant leur pays, il y en a qui ont abandonné privilèges et conforts pour mettre leur compétence au service de la Nation. Mais d’autres considérations et frustrations ont fini par avoir raison de leur engagement les obligeant à répartir en quête d’une vie paisible et digne.
En prenant donc l’initiative d’organiser un forum spécialement dédié à la diaspora, le ministre d’Etat en charge des Tchadiens de l’étranger a, sans doute, tenu compte de toutes ces récriminations exprimées quelquefois de vive voix par ceux-ci afin de rectifier le tir. Car, pour les observateurs attentifs de la vie sociopolitique, les Tchadiens aiment tous leur pays et ne cherchent qu’à le servir ; cependant, des considérations subjectives savamment entretenues, à quels desseins nul ne le sait, les découragent de le faire. Et c’est le pays et la nation qui en sont les grands perdants.
La Rédaction












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