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Frais scolaires : Quand financer la rentrée devient un parcours du combattant (Dossier 3)

La rentrée scolaire 2026-2027 est un moment d’espoir pour les élèves. Mais c’est aussi une période de calculs, de sacrifices et parfois de découragement à cause des frais scolaires qui influencent sur le budget des familles. A la veille de cette reprise des cours, un tour dans les quartiers de N’Djaména montre que pour de nombreux foyers, préparer la rentrée relève d’un véritable casse-tête.

En cette rentrée scolaire, les frais de scolarité font fléchir le budget des familles. Entre les prix qui grimpent, les revenus qui stagnent et les besoins qui s’accumulent, beaucoup espèrent un accompagnement. Car, au-delà des calculs et des sacrifices, c’est l’avenir de toute une génération qui se joue dans ces préparatifs.

La cherté de la vie oblige les parents d’élèves à courir des risques. Malgré les efforts, la charge financière des ménages peine à se redresser. Pour Djégolmem S., un père de six enfants, l’équation est encore plus compliquée. « Inscrire les enfants à l’école est un devoir pour nous les parents, mais avec des moyens instables, j’ai décidé d’inscrire trois enfants à l’école publique et trois autres dans des écoles privées. Pendant les vacances, ils font des cours d’été et même des petites activités génératrices de revenus pour m’aider. On fait comme on peut, et on s’en sort mieux par grâce », affirme-t-il.

Hadjara A., une mère de 4 enfants au quartier Chagoua, ajoute une autre réalité. Pour alléger les frais scolaires dont elle compte payer par tranche, elle s’associe à un groupe de femmes pour limiter des dépenses par rapport aux fournitures. « Cette année, avec mes voisines, on prend le paquet de cahiers, ensemble et ça revient moins cher. Les uniformes, je les fais coudre par une couturière du quartier. Sinon au marché, c’est trop cher. Mais même comme ça, il me manque encore les livres, et comme les frais d’inscription sont à verser par tranches, cela me permettra de les acheter petit à petit » a-t-elle confié.

Des élèves entrepreneurs par nécessité

La précarité ne touche pas que les parents. De nombreux élèves se mobilisent eux-mêmes pour payer leur scolarité. Allasra Justin, élève en de classe de 2nd  au Lycée Félix Eboué, a pris l’habitude de travailler chaque  vacance pour épauler sa mère à payer ses frais de scolarité. «Chaque vacance, je dois faire de mon mieux avec mon petit business de vente de pochettes de téléphone, des vitres blindés et crédit pour soutenir ma mère », explique-t-il.

Pour Mahamat Issa, élève en Terminale au Lycée Technique Commercial, il donne des cours de répétition aux enfants dans son quartier. Malgré l’effort des parents, il apporte sa contribution. Car il voit des manquements. « Mes parents m’aident, mais ce n’est pas suffisant », révèle-t-il.

Kodjimadje Esaïe, responsable de l’Association des parents d’élèves de l’école d’Atrone dans la Commune du 7ème arrondissement, l’État et les partenaires doivent jouer leur rôle. « Nous demandons le contrôle des frais d’inscription dans les écoles privées et un appui en fournitures pour les familles vulnérables. Sinon beaucoup d’enfants vont rester à la maison », plaide-t-il.

Malgré tous les problèmes, voir les élèves prendre le chemin de l’école demeure une occasion de fierté pour les parents.

Kemnelem Sophie, Nemadjilem Nadège Alladoum (stagiaire)

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ATPE

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