Le poisson séché est un aliment très consommé au Tchad. Il fait partie des principaux menus pour de nombreuses familles. Cependant, sa qualité dépend largement des conditions de séchage, de conservation et de préparation.
Le consommateur peut évaluer la qualité du poisson par une simple observation. Dans la commune du 7ème arrondissement de N’Djaména à Habbéna, Dénémadji Y., vendeuse de poisson explique qu’elle veille au respect des règles d’hygiène. « Je prépare mes poissons avec du bois de chauffe lorsque je manque de charbon. Je les lave soigneusement, j’enlève toutes les impuretés, puis j’ajoute un peu de sel et d’huile pour éviter qu’ils ne collent au grillage et je n’utilise pas d’autres produits pour la conservation ; car je laisse simplement bien sécher et ça peut rester pendant des mois. Malheureusement, certaines femmes ne lavent pas correctement les poissons avant le fumage. Cela provoque une mauvaise odeur qui décourage les consommateurs », témoigne-t-elle. Certains consommateurs affirment avoir perdu confiance dans le poisson fumé. C’est le cas de Fatima H. « Je ne mange plus de poisson fumé. Certains vendeurs mélangent avec des produits toxiques comme les pia-pia (un type d’insecticide) pour conserver et d’autres utilisent des plastiques pour fumer. Cela peut provoquer des démangeaisons ou d’autres problèmes de santé. Je préfère le poisson frais que je trouve plus sain », affirme-t-elle. Pour Allatessem Y., cette consommation dépend aussi des habitudes alimentaires. « Chez nous, nous mangeons normalement le poisson séché. Nous consommons davantage plus les poissons séchés que la viande. Personnellement, j’apprécie trop son goût et son prix plus abordable. Ainsi, je le considère comme un aliment de base de notre alimentation quotidienne », justifie-t-il. Souleymane M. ne partage pas le même avis. « J’ai goûté une fois du poisson fumé, mais je n’ai pas aimé son odeur. Je ne sais pas toujours dans quelles conditions il est séché ou conservé. Je préfère la viande que le poisson », dit-il.
Selon Dr Ahmed Ezzedine Gassi, nutritionniste, le poisson séché est très riche en protéines, en calcium, en phosphore, en fer et en acides gras oméga-3, bénéfiques pour le cœur et le développement du cerveau. Il contient également des vitamines du groupe B qui contribuent au bon fonctionnement du système nerveux. En revanche, il renferme une quantité importante de sodium. Une consommation excessive peut, dans ce cas, favoriser l’hypertension artérielle. Le nutritionniste recommande une consommation modérée. Il rappelle également que si les règles d’hygiène ne sont pas respectées pendant le séchage et la conservation, le poisson peut être contaminé par des microbes dangereux pour la santé. Pour lui, le respect des bonnes pratiques d’hygiène par les producteurs et la vigilance des consommateurs restent essentiels pour s’assurer des poissons séchés de bonne qualité et sans risque pour la santé.
Aïmadji Sylvie












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