Le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache a été interpellé par le Sénat, ce lundi 1er juin 2026, sur la persistance des violences et de l’insécurité au Tchad. La question orale avec débats a été initiée par le sénateur Mbaïgolmem Sébastien. C’est le président du Sénat Dr. Haroun Kabadi qui a dirigé la séance plénière.
Les conflits intercommunautaires et éleveurs-agriculteurs demeurent une source récurrente de violence dans plusieurs provinces du pays. Souvent liés à des différends fonciers, à l’accès aux ressources naturelles ou à la transhumance, ces affrontements entraînent régulièrement des pertes en vies humaines, des déplacements de populations et aussi de destruction de biens. À cela s’ajoute la montée de la criminalité dans certaines localités et centres urbains, notamment les actes de banditisme, les vols à main armée et les agressions meurtrières. Si les forces de défense et de sécurité multiplient les opérations de contrôle, de désarmement et des patrouilles, les résultats restent parfois en deçà des attentes des populations, estime l’auteur de la question, le sénateur Mbaïgolmem Sébastien.
Selon lui, les conflits intercommunautaires, notamment ceux qui opposent agriculteurs et éleveurs, restent l’une des principales menaces à la stabilité du pays. Il a reconnu les efforts du gouvernement, tout en déplorant les comportements des certaines forces de défense et de sécurité.
La sécurité est une affaire de tous
Le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache a souligné que la persistance de l’instabilité dans certaines localités résulte d’un ensemble de facteurs interdépendants qui alimentent les tensions et fragilisent la cohésion sociale. « Les principales causes identifiées sont, entre autres, la concurrence autour des ressources naturelles, les terres agricoles, les pâturages et les points d’eau. Cette pression croissante sur les ressources disponibles favorise régulièrement des affrontements entre agriculteurs, éleveurs et communautés locales », a-t-il affirmé. Ali Ahmat Aghabache, a par ailleurs évoqué l’instrumentalisation de certaines rivalités communautaires et tribales à des fins politiques. Selon lui, ces pratiques favorisent les divisions, affaiblissent le sentiment d’appartenance nationale et compliquent les efforts de consolidation de la paix. La circulation illicite des armes à travers les frontières, la mobilité des groupes armés et l’instabilité persistante dans certains pays voisins figurent également parmi les facteurs qui alimentent l’insécurité. Ces phénomènes rendent plus complexe la mission des forces de défense et de sécurité chargées de préserver l’ordre public et de protéger les populations.
Le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache, a expliqué que la préservation de la sécurité et la résolution des conflits intercommunautaires ne relèvent pas uniquement des forces de l’ordre, mais constituent une responsabilité partagée entre l’État, les autorités traditionnelles, les religieux, la société civile et les citoyens. Il a rappelé que les forces de sécurité ont pour mission première de protéger les citoyens et leurs biens, de maintenir l’ordre public, de faire respecter la loi et de préserver l’autorité de l’État. « Ces forces jouent un rôle essentiel dans la prévention de l’escalade des conflits, la limitation des violences et la création des conditions propices à un règlement pacifique des différends. La sécurité et la paix sociale sont l’affaire de tous », a-t-il indiqué, soulignant que les forces de sécurité continueront à poursuivre les auteurs d’actes criminels, à les traduire devant la justice, à lutter contre la circulation illicite des armes et à prévenir toute forme de violence susceptible de menacer la cohésion nationale.
Ali Ahmat Aghabache a informé que 7 terroristes appartenant à la section Boko Haram ont été capturés, 52 véhicules volés récupérer, 4703 criminels appréhendés dont 1368 transférés à la prison de Koro-toro. 52 réseaux des groupes criminels ont été démantelés ainsi que plusieurs motos, matériels informatiques et d’autres objets de valeur saisis.
Abakar Gombo Doungous












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