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Travail décent : La CLTT alerte sur les conditions de vie des travailleurs

À l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, la Confédération libre des travailleurs du Tchad (CLTT) a fait, ce mercredi 7 octobre 2026, un point de presse à la Bourse du travail. Placée sous le thème « Les travailleuses et travailleurs face à la cherté de la vie », la rencontre a été l’occasion pour le secrétaire général de la CLTT, Brahim Ben Saïd, de dénoncer la précarité des travailleurs et d’exprimer des inquiétudes concernant le projet de nouveau Code du travail.

Célébrée chaque 7 octobre depuis 2008 à l’initiative de la Confédération syndicale internationale (CSI), avec le soutien de l’Organisation internationale du travail (OIT), la Journée mondiale pour le travail décent met l’accent sur les conditions permettant aux travailleurs de vivre dignement de leur activité. Pour la CLTT, ces conditions passent notamment par un salaire permettant de répondre aux besoins essentiels, un logement décent, une protection sociale et le respect de la liberté syndicale.

Justifiant le choix du thème de cette année, Brahim Ben Saïd a évoqué la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs. « Tout le monde le sait, cette année nous avons eu des problèmes de pluie, la vie est devenue très chère. Ce sont les travailleurs qui en paient le prix fort », affirme-t-il.

La CLTT estime que de nombreux travailleurs vivent aujourd’hui dans une situation de grande précarité. Elle dénonce notamment les emplois sans contrat, l’absence de protection sociale et la non-déclaration de certains salariés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). La confédération syndicale déplore également ce qu’elle qualifie de violations des conventions 87 et 98 de l’OIT ainsi que de la loi n°038 portant Code du travail.

Pour Brahim Ben Saïd, l’un des principaux problèmes réside dans le contrôle de l’application de la législation du travail. Selon lui, le pays compte plus de 5 000 entreprises pour moins de 30 inspecteurs du travail, sur un territoire de 1 284 000 km². Une situation qui, estime-t-il, rend difficile le contrôle du respect des droits des travailleurs. « Comment voulez-vous qu’ils puissent tout contrôler ? C’est pour cette raison que le Code du travail n’est pas respecté. Depuis 15 ans, les travailleurs souffrent », a martelé le secrétaire général de la CLTT.

La confédération s’inquiète également du projet de nouveau Code du travail actuellement en cours d’adoption à l’Assemblée nationale. Elle redoute notamment que certaines dispositions puissent fragiliser davantage l’emploi et la protection des travailleurs. « Si ce Code est adopté en l’état, il va détruire des milliers d’emplois. Il va généraliser le chômage », avertit Brahim Ben Saïd. Il évoque les nouvelles formes de travail à distance et les risques de voir certains travailleurs exercer sans cadre juridique ni protection sociale suffisante.

Face à la hausse des prix des produits locaux et importés, la CLTT réclame la reprise du dialogue social tripartite entre le Gouvernement, les organisations syndicales et le patronat. Elle déplore ce qu’elle considère comme une insuffisance de l’action gouvernementale face à la dégradation du pouvoir d’achat.

La confédération a appelé les plus hautes autorités du pays à intervenir pour garantir l’application effective de la législation du travail et le respect des droits des travailleurs par l’administration et le secteur privé.

Aziza Mahamat Issakha

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