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Société

Partage des biens : Pomme de discorde familiale

De nos jours, l’héritage légué par les parents constitue une pomme de discordance. Faute de testaments et de dispositions prises dans les familles, certains héritiers s’entredéchirent, voire s’entretuent pour la succession ou la gestion des biens matériels.

Dans les commissariats, brigades, à la justice, chez les chefs des communautés, les dossiers liés aux litiges autour de l’héritage sont quotidiennement traités. Au quartier Atrone, dans le 7ème arrondissement de N’Djaména, la famille Bélem Ndjetolé Gaspard s’est livrée une bagarre pour l’héritage.  « Notre père est mort, il y a plus de 10 ans, nous ses enfants, sommes 10. A l’heure où je vous parle, nous traversons une crise à cause de partage des biens légués par notre défunt père », a confié Josué Bélem, l’un des ayants droit. Il a expliqué que les parents ont tenté plusieurs fois de résoudre ce différend à l’amiable, mais en vain.  De son point de vue, malgré l’intervention des proches parents, ils n’ont pas trouvé une solution satisfaisante et ont dû transférer le problème à la justice.

Les membres de la famille Abba Moussa, eux, se sont offerts en spectacle au palais de justice. Ils en sont venus aux mains en pleine cour du palais de justice de N’Djaména où ils se sont rendus pour régler leur problème d’héritage après la mort de leur père. Il a fallu l’intervention des éléments de la Gendarmerie présents au palais de justice pour contenir la tension.

Pour la notaire Solal Sylvie, le testament est très important, il permet à la personne de son vivant d’organiser ses biens. Selon elle, beaucoup de gens pensent que si l’on laisse le testament, c’est comme si on est en train de planifier sa mort. « Quand il n’y a pas de testament, certains membres de la famille du défunt veulent s’accaparer des biens du défunt et certains enfants pensent qu’ils sont supérieurs aux autres. Dans ce cas, on applique la loi », a expliqué la notaire. De son avis, tous doivent hériter et être traités au même niveau en matière de partage des biens, y compris les enfants hors mariage. « Beaucoup pensent que les enfants nés hors mariage n’ont pas droit à l’héritage pourtant ils sont reconnus devant la loi», a-t-elle ajouté.

Le testament est un acte juridique à travers lequel une personne laisse ses dernières volontés avant de mourir. Au Tchad, cette pratique semble négligée ou peu connue par la grande partie de la population.

Kaltouma Naïlar

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